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Le Rapport annuel sur le climat et les catastrophes d'Aon recense 300 catastrophes naturelles qui ont coûté la vie à 19.500 personnes et dont le coût économique se chiffre à 123 milliards de dollars

92% des catastrophes ont été provoquées par des conditions climatologiques et «seulement» 8% par des activités sismiques et volcaniques

Bruxelles, le 7 mars 2016 - Depuis l'an 2000, Aon étudie chaque année l'impact des catastrophes naturelles au niveau mondial. Avec 300 catastrophes naturelles, 2015 a été une année mouvementée car la moyenne s'établit à 269 au cours des 15 dernières années. Malgré cette augmentation, les pertes économiques, estimées à 123 milliards de dollars, sont restées inférieures de 30% à la moyenne de 175 milliards de dollars. Les inondations, les puissantes tempêtes et les incendies de forêt ont été la cause de 59% des pertes économiques, dont 92% provoquées par des conditions climatologiques et les 8% restants par des activités sismiques et volcaniques. 2015 a également remplacé 2014 en tant qu'année la plus chaude depuis le début des mesures de la température en 1880.

Aon constate que seuls 35 milliards de ces pertes étaient assurées, soit 28%. La majeure partie de celles-ci se situe aux Etats-Unis. Si l'on retire les dommages assurés aux Etats-Unis du total, ces 28% sont ramenés à 16% de sinistres effectivement assurés.

La plus grande perte économique en 2015 a été provoquée par les feux de forêts en Indonésie, une perte que la Banque mondiale évalue à 16,1 milliards de dollars. Les inondations aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Chine et en Inde ont entraîné un préjudice s'élevant à 27 milliards de dollars. Les tempêtes tropicales, les orages, la sécheresse et les incendies de forêt ont dès lors provoqué plus de 74 milliards de pertes économiques.

Les tremblements de terre ont été responsables de 53% des victimes humaines au niveau mondial en 2015. Le Népal a payé le plus lourd tribut avec 9.100 décès résultant des tremblements de terre d'une magnitude de 7,8 en avril et mai. Les vagues de canicule se classent en deuxième position en 2015, avec plus de 3.850 décès. Le phénomène El Niño en 2015 a été le plus puissant depuis 1997/98, avec des dommages estimés à 45 milliards de dollars, mais c'est le phénomène inverse, la Niña, qui est responsable d’un refroidissement anormal des eaux de l’océan Pacifique, qui a provoqué des dommages pour 77 milliards de dollars, l'année précédente.



EVALUATION DES CATASTROPHES PAR CONTINENT, AU NIVEAU MONDIAL

Etats-Unis d'Amérique
Malgré l'absence d'une «méga» catastrophe, il y a eu un certain nombre d'événements climatologiques importants pour certains Etats. Plus précisément, il y a eu bon nombre d'inondations, d'ouragans, de vagues de chaleur et de sécheresses ainsi qu'une saison hivernale caractérisée par des chutes de neige abondantes. Au total, les pertes économiques aux Etats-Unis se chiffrent à quelque 5 milliards de dollars. Le sinistre le plus coûteux, s'élevant à 2 milliards de dollars, a été celui dû aux feux de forêt en Californie imputables à la sécheresse, à l'absence de précipitations et aux températures anormales.

Amérique (sans les USA)
Malgré un certain nombre de catastrophes naturelles importantes, aucune n'a engendré de pertes catastrophiques. Trois des 4 plus grandes catastrophes naturelles, ayant engendré la perte économique la plus importante, ont eu lieu au Chili. La plus importante a été l'inondation significative, dans les régions du Nord, qui ont anéanti ou endommagé plus de 28 000 habitations. Un séisme d'une magnitude de 8.3 et un tsunami ont engendré un préjudice total de 1,5 milliard de dollars. Le troisième événement le plus important a été l'éruption du volcan Calbuco, avec 600 millions de dollars de dommages.

Le Canada a subi des ouragans notables et a connu une saison hivernale des plus discrètes en 2015. La sécheresse, surtout dans l'Ouest, a provoqué 1 milliard de dollars de dommages. Un certain nombre d'ouragans au Mexique, aux Bahamas et aux Bermudes ont provoqué pour 510 millions de dollars de dommages économiques, dont une tempête tropicale sur l'île de la Dominique qui, à elle seule, a provoqué pour 483 millions de dollars de dommages.


Europe, Moyen-Orient & Afrique (EMEA)
D'un point de vue purement économique, la sécheresse a constitué l'événement le plus important. L'impact d'El Niño a réduit les précipitations dans de grandes parties de l'Europe et de l'Afrique. Les dommages sont évalués à 3 milliards de dollars, notamment en Afrique du Sud, en Éthiopie et en Roumanie.

Les événements les plus notoires en 2015 ont été les ouragans qui, en mars et en avril, ont frappé les parties occidentale et septentrionale de l'Europe. L'ouragan du mois de décembre a entraîné une importante inondation dans le Nord du Royaume-Uni et occasionné une perte économique de 2,5 milliards de dollars. En France, la Côte d’Azur a été durement touchée par les inondations. Un préjudice qui est estimé par les assureurs locaux à 725 millions de dollars.



Asie & Océanie (APAC)
La plus grande perte économique enregistrée en 2015 a été provoquée par les feux de forêts en Indonésie. Cette perte est estimée par la Banque mondiale à 16,1 milliards de dollars. En d'autres lieux, d'importants feux de forêts dans d'importantes parties de l'Australie du Sud et de Victoria sont également responsables d'une perte s'élevant respectivement à 122 millions et 45 millions de dollars.

Il y a également eu de graves inondations, en 2015, en Inde, en Chine et au Japon. La plus importante a été la mousson aggravée par le phénomène El Niño, qui a entraîné des inondations catastrophiques dans le Sud de l'Inde et au Sri Lanka. Le coût total de cette inondation est estimé à 4 milliards de dollars. Ces dommages étaient assurés pour à peine 650 millions de dollars.

Le séisme d'une magnitude de 7,8 au Népal (en avril et mai) a prélevé le plus lourd tribut en vies humaines, avec plus de 9.100 décès. Le coût des dommages et de la reconstruction est évalué à 8 milliards. Le plus important cyclone dans la région est celui qui a dévasté le Vanuatu et a provoqué pour 450 millions de dollars de dommages, un montant égal à 64% du PIB du Vanuatu.


A propos du Rapport annuel sur le climat et les catastrophes d'Aon 2015

Aon estime utile, depuis 2000, de cartographier chaque année l'impact des catastrophes et d'inciter les entreprises à procéder à des plans d'intervention. Les grandes catastrophes ont le pouvoir de perturber l'économie bien au-delà du dommage aux infrastructures assurées localement. Il n'y a pratiquement aucune entreprise ni aucun consommateur qui ne soit dépendant des biens et des services provenant d'autres parties du monde. Il n'est pas exclu que des usines en Europe et aux Etats-Unis doivent fermer en raison d'une pénurie de composants produits par les usines situées dans les régions affectées.

Pour une vue d'ensemble de l'analyse d'Aon par région, cliquez sur http://catastropheinsight.aonbenfield.com/Pages/Home.aspx