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Carte des risques politiques 2015

Le prix du pétrole met les entrepreneurs sous pression sur les marchés émergents

Bruxelles, le 5 mars 2015 - Problèmes de paiement en devises fortes, insolvabilité du gouvernement et ingérence de la politique dans l'économie sont les principaux risques politiques en 2015 pour les entreprises des marchés émergents. Les risques augmentent en raison de l'évolution du prix du pétrole, de la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis, du conflit entre la Russie et l'Ukraine et des activités de groupements terroristes comme l'EI et Boko Haram.

Au total, les entreprises de 12 économies émergentes sur les 163 étudiées sont exposées à des risques politiques plus importants. Dans 7 pays, la situation est devenue plus sûre pour les entreprises. Nous remarquons également que les pays du BRICS ne sont plus les locomotives de l'économie mondiale en conséquence de la violence politique, de l'insolvabilité du gouvernement ou de l'ingérence de la politique dans l'économie. C'est ce qui ressort de la 17ème carte des risques politiques, une cartographie mondiale établie chaque année par le conseiller en risques et courtier en assurances Aon et qui présente les risques politiques pour les entreprises.

Une représentation de la carte mondiale en haute résolution est disponible en cliquant sur ce lien:
Aon Political Risk Map 2015


En outre, vous trouverez en suivant ce lien, Aon Interactive Political Risk Map, un accès à la carte interactive qui donne pour chaque cotation un synthèse ainsi qu'un historique remontant aux 18 dernières années.

Le prix du pétrole entraîne une augmentation des risques
Ces risques augmentent notamment dans les pays d'Afrique. Du fait de la chute du prix du pétrole, les entreprises qui font des affaires dans cette région avec les pays producteurs de pétrole comme l'Angola, le Ghana et le Mozambique courent un risque plus important de rencontrer des problèmes de paiement en devises fortes et de faire face à des autorités qui ne peuvent pas satisfaire leurs obligations de paiement.
Il est également devenu plus risqué de faire des affaires dans les pays du Maghreb, en Russie et au Venezuela, entre autres en conséquence de la chute du prix du pétrole. Les pays du Moyen-Orient souffrent eux aussi de la baisse du prix du pétrole mais, grâce à leurs réserves financières, les risques politiques dans ces pays restent maîtrisables.

Pays en développement : stop and go
Le conflit dans l'est de l'Ukraine, les sanctions à l'encontre de la Russie et le faible prix du pétrole rendent les affaires dans cette région très difficiles. Dans les pays voisins comme la Biélorussie et le Kazakhstan, les conséquences sont également négatives pour les entreprises internationales.
« Cependant, la Russie et les autres pays du BRICS ne sont pas les seuls à voir leurs perspectives économiques reculer ». D'autres pays émergents sont dans le même cas. Nous ne pouvons pas dire si les pays en développement sont arrivés à la fin d'une période de forte expansion, » déclare Jean-Louis Coppers, Administrateur délégué de CRiON, courtier spécialisé en assurance-crédit et risques politiques, filiale d’Aon. « Cela signifie-t-il pour autant le retour de l'ancien modèle du 'stop and go', l'alternance de périodes de forte croissance économique et de périodes de faible croissance, voire de recul ? »

Groupements extrémistes
Outre le faible prix du pétrole, la lutte contre les groupements islamistes extrémistes dans un certain nombre de pays rend le climat fébrile pour les entreprises. La lutte contre l'Etat islamique entraîne des risques élevés au Moyen-Orient et en cas d'extension dans toute l'Asie de l'Ouest, tandis que les groupements comme Boko Haram et al-Shabaab compliquent sérieusement un climat déjà difficile en Afrique Centrale et du Nord.

À propos de la carte des risques politiques d’Aon 2015
Le conseiller en matière de risques et courtier d'assurances Aon a mesuré les risques politiques dans 163 pays et territoires. La carte donne un aperçu des risques généraux encourus par les entreprises au niveau international, et des risques encourus dans un certain nombre de territoires spécifiques en relation avec les mesures (ou l’absence de mesures) de gouvernements étrangers. Chaque pays repris sur la carte est évalué en fonction de certains types de risque :

  • problèmes de paiement en devises fortes,
  • insolvabilité des autorités,
  • interférence de la politique dans l’économie,
  • perturbations dans la chaîne d’approvisionnement,
  • législation et réglementation,
  • violence politique,
  • facilité de traiter des affaires,
  • vulnérabilité des institutions financières,
  • et capacité des autorités de mettre en œuvre une politique fiscale.

Chaque pays a reçu une évaluation sur une échelle qui va de ‘Faible’ en passant par ‘Moyen-faible, ‘Moyen’ et ‘Moyen-élevé’ pour atteindre ‘Elevé’ et ‘Très élevé’. Les pays membres de l’Union européenne et de l’OCDE ne sont pas repris sur la carte en 2015. Aon 2015 Political Risk Map.

Les évaluations sur les pays ont été réalisées sur la base d’une combinaison des analyses effectuées par Aon Risk Solutions conjointement avec Roubini Global Economics, cabinet international d’analyses et de conseil, et l’avis de plus de 20 syndicats ou sociétés d’assurances de Lloyd’s spécialisés dans l’évaluation des risques politiques.

Vous pouvez consulter la carte interactive sur ce lien.

Glissements sur la carte et tendances en 2015
Les risques politiques pour les entreprises ont augmenté en Angola, en République d'Afrique Centrale, au Burkina Faso, au Ghana, en Guinée, à Haïti, en Lybie, au Mozambique, à Oman, au Pakistan, en Sierra Leone et en Ouganda.

Les pays les plus risqués sont l'Afghanistan, la République d'Afrique Centrale, le Tchad, la République Démocratique du Congo, l'Erythrée, la Guinée-Bissau, l'Iran, l'Irak, la Corée du Nord, le Pakistan, la Somalie, le Sud Soudan, le Soudan, la Syrie, le Venezuela et le Yémen.

En République Dominicaine, en Equateur, en Géorgie, au Laos, à Panama, au Swaziland et au Zimbabwe, les risques diminuent. Les risques ont surtout diminué l'an dernier dans les pays d'Amérique Latine et dans les Caraïbes. Cette région profite de la croissance économique aux Etats-Unis.