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Salariés désengagés sans intention de partir

 

Comment gérer les « Prisonniers » dans l’entreprise

Dans le monde entier, l’indicateur de la motivation des salariés s’améliore. Malgré l’incertitude économique en Europe, et les enjeux économiques dans d’autres parties du monde, le Global Employee Engagement Index (indice d'engagement des salariés au niveau mondial) d’Aon est passé de 62 à 65% cette année ! La triste réalité, c’est que jamais tous vos salariés ne seront engagés. Toutefois, il existe une alternative pire que celle d’avoir un ensemble de salariés désengagés « typiques ». Imaginez des salariés désengagés qui ne recherchent pas un autre emploi et qui sont peu motivés pour s’améliorer ou passer à autre chose. Ces salariés qui restent dans l’entreprise, bien que désengagés, sont ceux que nous appellerons les « Prisonniers du travail ». Ils sont l’objet du présent article.

 

« Les Prisonniers du travail manquent de motivation pour donner le meilleur d’eux-mêmes et n’ont aucune intention de partir. »
Mathias Loose, Talent Consultant, Aon Belgium

 

Qui sont les Prisonniers du travail?

  • La relation démographique la plus évidente pour les Prisonniers est l’ancienneté: les salariés dont la durée de carrière est plus longue sont nettement plus susceptibles d’être des Prisonniers que les salariés employés depuis moins longtemps. Quelqu’un qui a travaillé moins d’un an dans une organisation a environ 6 % de chance d’être un Prisonnier. Ce pourcentage atteint un pic impressionnant de 17,1 % pour la catégorie des plus de 26 ans de carrière dans l’entreprise.
  • Une bonne raison de rester dans une situation professionnelle peu satisfaisante tient à la rémunération compétitive. Les Prisonniers ont souvent un salaire supérieur au taux du marché. Plus de 60 % des Prisonniers sont payés plus de 2 points au-dessus du taux du marché, contre seulement 48 % des non-Prisonniers.
  • Ils sont moins susceptibles d’être considérés comme très performants, ce qui n’est pas une surprise.
  • Un élément plus surprenant, cependant, est le fait qu’ils soient plus susceptibles de se montrer critiques à l’égard de la stratégie de rétention de l’organisation. Ils ont le sentiment que l’entreprise retient les mauvaises personnes pour être efficace et engranger des résultats positifs.
  • Ils représentent environ 8 % de la main-d’œuvre globale.

 


Qu’en-est-il des Prisonniers belges?
Les organisations belges ont également affaire avec des salariés insatisfaits mais qui n’ont pas d’intérêt à chercher une opportunité ailleurs. Toutefois, certaines barrières « structurelles » spécifiques sont en place, dissuadant les salariés désengagés belges de passer à autre chose et de partir.

  • Les augmentations salariales automatiques liées à l’ancienneté
  • Les augmentations salariales annuelles liées à l’index (contrôle gouvernemental)
  • Les écarts salariaux entre générations anciennes et nouvelles.
  • Les perspectives plus limitées sur le marché du travail pour les seniors
  • L’augmentation de la durée du préavis de licenciement proportionnelle à la durée de la carrière

 


Trois actions clés pour gérer les Prisonniers
1/ Identifier les Prisonniers dans votre organisation Dans bon nombre de cas, le Prisonnier peut ne pas être conscient que ses efforts sont inférieurs à la moyenne. Vous pourriez être surpris par la conversation que vous aurez avec lui et voir le Prisonnier se réveiller d’une manière inattendue. L’encouragement et la reconnaissance de la part de la direction peuvent parfois faire des miracles. Si le Prisonnier ne peut trouver l’inspiration, une conversation plus difficile doit avoir lieu. Tout le monde n’a pas envie d’être motivé.

2/ Prenez l’engagement en considération lors du recrutement, du licenciement et de la promotion Croyez en l’engagement et comportez-vous d’une manière cohérente eu égard à cette conviction. Prenez l’engagement en compte dans la prise de décision.

3/ Mesurez l’engagement du personnel au sein de votre organisation Si vous ne mesurez pas encore l’engagement du personnel au sein de votre organisation, il est temps de commencer! Pour les organisations qui mesurent déjà l’engagement, commencez à évaluer la population « carcérale » ! Allez dans le sens de l’optimisation de l’expérience du personnel et de la façon dont le personnel vient travailler chaque jour.

Cet article est inspiré et basé sur le livre blanc Actively Disengaged and Staying: dealing with Prisoners in the Workplace.